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Le Dossier

Les mineurs de fond, l'emblême des habitants des Hauts-de-France

4 – La disparition du métier, en 1990


 La grande Histoire des Mineurs n’a cependant pas échappé aux drames humains. Si la sécurité, leur statut avait totalement changé suites à la catastrophe de Courrières de 1906 (des milliers de morts), un nouveau drame allait accélérer le processus de disparition du métier dans la région. On est en 1974. La France a réussi à se remettre en marche, grâce aux efforts des mineurs. Le travail en lui même, au fond de la mine, est devenu moins pénible. On y instaure notamment des sièges d’extractions modernes, on y amène l’électricité dans les chantiers du fond, on mécanise le travail effectué. Le métier nécessite même l’apport d’une main d’œuvre étrangère, notamment polonaise, marocaine.
Les Houillières, de part ce développement, ont réussi à développer une véritable politique de formation professionnelle, à tous les échelons : centres d’apprentissage pour les galibots, cours techniques miniers, stage de perfectionnement pour les boutefeux (ceux qui réalisent les travaux d'abattage des roches par l'emploi d'explosifs) et des sauveteurs…

Le drame intervient le 27 décembre 1974 : une explosion tue 42 mineurs à la fosse 3 de Lens à Liévin. Au lendemain de la catastrophe, les responsables de l’époque estiment qu’il n’est plus possible de continuer à laisser travailler des hommes dans un univers aussi dangereux. De plus, à l’argument lié à la sécurité, s’ajoute l’argument financier : le prix de revient du charbon ne peut concurrencer le gaz et le pétrole, la production baisse à cause d’un plan proposé par André Bettencourt, ministre de l'Industrie de l’époque, qui annonce pour sa part en décembre 1968 des mesures prévoyant notamment, dans le Nord-Pas-de-Calais, une baisse de moitié de la production et un passage du nombre d'agents de 72 000 à 28 000 à l'horizon 1975.

Le premier choc pétrolier consécutif à la guerre israélo-arabe d'octobre 1973, puis l'élection de François Mitterrand en 1981 offrent certes aux mineurs de brefs espoirs de relance, mais à chaque fois déçus. Les années 1980 sonnent de facto le glas du charbon français, « Beaucoup de gens pensent que nous avions le logement et le médecin gratuit, nous dit Michel Petit. Les patrons nous prélevaient 31,70% sur notre fiche de salaire. Notre seule avantage, finalement, quand nous touchions par exemple notre argent liquide, à l’époque, c’est que l’on en avait suffisamment pour payer notre loyer et le médecin. Mais ça s’arrête là ! »

Le processus de la récession charbonnière est lancé, « On nous a dit : dans 11 ans, cette mine sera fermée, se souvient Lucien Laurent, mineur de 1951 à 1986, à Liévin. L’idée était bien sûr de faire grève. Mais les CRS de l’époque : ils étaient très durs avec nous, et nous poussaient même à retravailler ! » C’était comme ça et puis c’est tout. Les reconversions du personnel deviennent une priorité : un retour au pays pour les mineurs marocains, une mise à la retraite ou une retraite anticipée, recrutement au sein des filiales des compagnies minières, « Bien sûr que nous l’avons mal vécu. Qui s’est qui a redressé la France ? Il a fallu que nous nous sacrifions pour cette cause ! Aujourd’hui, on nous prend tout. On sera obligé d’aller dans des pharmacies privées… » Ces mineurs se voient même proposer des métiers au sein de grandes enseignes venant s’implanter sur le territoire : Renault, l’Imprimerie Nationale… Le 21 décembre 1990, la dernière gaillette de charbon est remontée à Oignies. La fin d’un monde…


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